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Le Pacte d'Excellence sur le terrain : premières impressions

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L ' Excellence   Boys Charter School « Bedford-Stuy vesant »   à  Brooklyn, New-York Pour avoir été une des premières enseignantes touchées par le Pacte d’Excellence, je propose de décoder certains textes et avis du Pacte à la lumière de l'expérience que j'en ai eue sur le terrain. En substance, que disent ces textes en matière de gouvernance (notamment l'avis n°3 du GC et le décret “pilotage”)? L’école (PO, directeur et dynamique participative avec l’équipe éducative) doit élaborer un plan de pilotage ainsi qu'un contrat d’objectifs chiffrés à atteindre,  et mettre au point des indicateurs pour évaluer les progrès accomplis Dans mon école, il n’a jamais été question d’une quelconque “dynamique participative”. Le Pouvoir Organisateur a décidé seul.

Introduction

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Les "plans de pilotage" sont en cours d'élaboration dans les écoles. En ce moment, les équipes enseignantes s'interrogent, évaluent leurs besoins, proposent des solutions, etc... Une première phase qui se révèle plutôt agréable et même presque euphorisante. La deuxième phase le sera beaucoup moins. Car l'autonomie implique une "responsabilisation" et derrière le prétexte, il y a une obligation de résultats. Dorénavant, l'école et les enseignants vont devoir rendre des comptes, c'est le principe du "contrat d'objectifs" qui est lié au plan de pilotage. Et en effet, sans que personne ne s'en soit vraiment ému, le Pacte d'Excellence a transformé notre système éducatif pour se conformer au modèle américain de l'accountability.

Enseignement Explicite, programme PARLER... des méthodes efficaces validées par la science. Vraiment?...

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La mouvance " Evidence-based" est aux commandes. Nouvelle gouvernance du système, nouvelles méthodes pédagogiques… Tout doit être réformé en se basant sur les données probantes de la recherche scientifique. On prône donc des solutions censées plus rationnelles pour répondre aux problèmes de l’enseignement. Mais derrière le discours, on constate qu’en réalité la science peine à démontrer l’efficacité de ces solutions. Les tenants de ce courant d’idées persistent pourtant à vouloir les imposer. Un cas d’école : le Programme « PARLER », une nouvelle méthode de lecture qui est introduite dans les quartiers défavorisés en Belgique et en France.

Enseignement Explicite, programme PARLER... la propagande de l'Evidence-based

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Rayonnages de la bibliothèque de l'UMons, septembre 2018 L'école est en faillite. C'est PISA qui l'a dit. La faute revient aux enseignants et surtout à l'inefficacité de leurs méthodes. Depuis de trop longues années, on a fait confiance à "l’Éducation Nouvelle", à un certain "pédagogisme" 1 qui a fini par nous conduire dans le mur. L'enseignement "rénové", la méthode globale et les réformes des années 70 sont les principaux responsables de cet échec. Maintenant, ça doit changer. Il faut se débarrasser de toute urgence de ces vieilles méthodes imprégnées d'idéologie pour les remplacer par d'autres plus efficaces. Et la science va nous y aider. La tendance est donc désormais à un enseignement qui serait fondé sur les données probantes de la recherche (Evidence-based Education) 2 .

Un autre enseignement efficace existe

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Notre enseignement est inégalitaire. C'est PISA qui l'a dit. La thèse centrale au cœur du Pacte d’Excellence est que les réformes vont permettre de réduire les inégalités que l'école  serait en train de creuser  aujourd'hui. Quelles sont donc les pratiques que l’on tente de mettre en place dans les écoles en difficulté ou dites « en écart de performance » ?

L’école efficace ou l’horizon du monde comme laboratoire

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L'Angleterre de Thatcher a imposé le modèle du management néolibéral à l'enseignement. Une transformation qui a été possible grâce aux outils d'évaluation conçus par des chercheurs travaillant sur l'efficacité de l'école ( School Effectiveness ). Depuis 40 ans, ce modèle n'a cessé de s'étendre à d'autres pays. Un texte très éclairant de Romuald Normand  retrace l’histoire de ce courant de recherche international qui a contribué à la managérisation de l’école et s'est peu à peu rendu incontournable dans l'élaboration des politiques éducatives. Toute ressemblance avec le Pacte d’Excellence … À ce propos, la conclusion de l’article vaut son pesant d’or.

Fourre-tout et coup fourré : la petite histoire des Plans de pilotage

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« Décidée par les acteurs ayant participé aux travaux du Pacte pour un Enseignement d’excellence, cette nouvelle dynamique de pilotage (…) » blablabla. Faux. Ceci est une contre-vérité, une "vérité alternative", selon l'expression consacrée. Les acteurs ayant participé aux travaux du Pacte n’ont jamais décidé ce principe de Plans de pilotage.

Plans de pilotage/Contrats d'objectifs : le modèle américain de l'ère Reagan

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« L’école doit être vue dans son ensemble comme une  « unité de production » . (…) On met en place un cycle pour assurer le contrôle qualité et l’amélioration de la qualité.  » C’est ainsi que Marc Demeuse, un des principaux consultants pour l'élaboration des réformes, a expliqué les bases de la nouvelle gouvernance de notre système éducatif à l’occasion d’une conférence donnée à Charleroi le 21 novembre 2016. Ce jour-là, en quelques mots devant une salle médusée, il venait officiellement de faire entrer notre enseignement dans l’ère du  New Public Management . Bien sûr c’était la fin de la conférence, il y avait quelques lapsus et approximations, mais le fond y était.

Les copiés-collés de la ministre

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On s’en souvient, la façon dont a été conclu le marché entre McKinsey et la FWB pour l’accompagnement du Pacte d’Excellence n’est pas des plus nettes. Dans le calcul de l’offre, McKinsey a fait appel à des fonds privés agissant comme mécènes pour couvrir ses prestations. Les soumissionnaires concurrents n’ont pas été avertis de la possibilité de recourir à du mécénat, cela a permis à McKinsey de déposer une offre à un montant inférieur de moins de la moitié du plafond budgété, ce qui fut déterminant dans l’attribution du marché. https://ecolo.be/pacte-d-excellence-ecolo-demande-des/

On « externalise »

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"On externalise certains secteurs pour ne plus être en écart de performance au niveau des unités de production". Qui aurait pu prononcer cette phrase ? Bernard Arnault, Jeff Bezos ?... Non. Il s'agit d'un collage d’expressions tirées du Pacte d’Excellence et du jargon des experts qui y participent.

Le prix de « l'efficacité »

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Le marché de l’éducation représente des enjeux financiers énormes. Aux États-Unis, “Reading First” , un ambitieux plan pour l’apprentissage de la lecture a été mis en place à travers tout le pays de 2002 à 2008. Il a nécessité de gigantesques levées de fonds publics (6 milliards de dollars). (cf. article : " L'Evidence-based : Quelles preuves ? Quelle efficacité ? Quelle science ? ") Malgré son échec, ce plan est quand-même considéré par certains comme un modèle à suivre. L’Institut Montaigne notamment (et “Agir pour l’École”, sa branche éducative) le cite en exemple et a même entrepris de l’adapter pour la France avec le projet “Lecture” qui est basé sur le programme PARLER. http://www.institutmontaigne.org/publications/vaincre-lechec-lecole-primaire (pages 97-98). La mise en chantier de ce projet a aussi été l’objet d’un financement important (plus d’1 million d’euros. Ici les “sponsors” étaient principalement des fonds privés). (cf. page 3 : https://w...